L’analyse détaillée des outils de gestion d’actifs
Dans un environnement financier marqué par la pression règlementaire,
l’accélération technologique, l’exigence croissante de performance, la
gestion des actifs financiers ne peut plus se reposer sur des outils figés ou
fragmentés.
Les institutions financières doivent aujourd’hui composer avec des
volumes de données plus importants, des exigences de reportings
renforcées et des attentes accrues en matière de pilotage financier en
temps réel, et avec des classes d’actifs de plus en plus complexes.
Face à ces enjeux, le changement d’outil n’est plus un simple projet
informatique : il devient un projet de transformation qui impacte les
processus, l’organisation, la gouvernance, les données et les pratiques
métiers.
Anticiper ce changement est donc essentiel. Une transition réussie repose
autant sur le choix technologique que sur la capacité à mobiliser les
équipes, sécuriser les données et adopter une structure projet adéquate.
Le marché propose aujourd’hui une gamme étoffée de solutions mais
leur pertinence se mesure à leur capacité à couvrir l’ensemble de la
chaine de valeur de la gestion d’actifs et répondre aux besoins des
différentes directions de l’entreprise.
Les experts twobii décryptent en deux articles les enjeux clés de la
transformation d’outils sur toute la chaîne de valeur des actifs financiers.
Dans cette partie, nous proposons une analyse des principaux outils de gestion
d’actifs financiers couvrant l’ensemble de la chaîne front-to-back. Les solutions
du marché telles que Clearwater, GP4 de NeoXam, SimCorp Dimension et
SAP offrent des fonctionnalités globalement similaires, tout en se différenciant
par certaines spécificités fonctionnelles et technologiques.
Ces plateformes intégrées permettent de couvrir l’ensemble du cycle de vie des
opérations financières, depuis la prise de décision d’investissement (front-office)
jusqu’à la comptabilité et au reporting réglementaire (back-office), en passant
par le suivi des risques et des performances (middle-office).
Dans ce contexte, le choix d’un outil doit amener les acteurs (banques, assureurs, sociétés de gestion) à s’interroger sur plusieurs critères structurants :
La couverture fonctionnelle
Un critère clé concerne la richesse fonctionnelle de la solution, notamment sa capacité
à couvrir :
Les classes d’actifs traditionnelles (actions, obligations, dérivés)
Les actifs alternatifs (private equity, infrastructure, immobilier), segment en forte
croissance dans les allocations
Les fonctions transverses : gestion des ordres (OST), valorisation, performance,
risque, comptabilité, reporting
Certaines solutions se distinguent par leur capacité à gérer des portefeuilles complexes multi-actifs et multi-devises avec des analyses avancées et des simulations de scénario / projections.
La gestion des normes comptables et réglementaires
Les institutions financières évoluent dans un environnement fortement régulé. L’outil
doit permettre :
La gestion multi-normes (French GAAP, US GAPP, IFRS, normes locales)
– La conformité aux réglementations (Solvabilité II, EMIR, MiFID II)
– L’automatisation des contrôles de conformité, reportings réglementaires,
réconciliations (comptabilité / gestion, internormes, cash et titres / dépositaire)
– La gestion des normes comptables et réglementaires : la conformité réglementaire
locales, internationales
La production de reporting
Le reporting est un enjeu majeur :
– Reporting réglementaire
– Reporting client (performance, ESG, transparence)
– Reporting interne (pilotage, risque, performance)
Certaines plateformes intègrent des capacités avancées de data Analytics et de
reporting ESG pour répondre aux nouvelles attentes du marché.
La performance des moteurs de calcul et la gestion des volumes de données
La capacité à traiter des volumes massifs et à exécuter des calculs complexes est
essentielle, notamment pour la valorisation des portefeuilles, le calcul des risques ou le
reporting réglementaire avec un traitement des données en temps réel.
Le mode de déploiement
Les solutions peuvent être déployées selon différents modèles :
– On-premise, SaaS, Cloud privé / hybride, Cloud natif
La tendance actuelle est à la migration vers le SaaS et le cloud, permettant plus de
flexibilité et une réduction des coûts d’infrastructure et de maintenance, tout en
facilitant les mises à jour et l’évolutivité des systèmes.
Les coûts d’implémentation
Le coût d’implémentation du projet constitue un critère déterminant dans le choix
d’une solution.
Il comprend les licences de logiciels, les coûts d’intégration, les coûts de paramétrage,
de migration de données ainsi que les ressources internes / externes mobilisées pour le
projet.
Le coût varie également en fonction des richesses fonctionnelles, du niveau de
personnalisation requis et du nombre d’interfaces nécessaires.
La durée d’implémentation
La durée d’implémentation varie fortement selon le périmètre fonctionnel, la complexité du
système d’information existant et le niveau de transformation cible.
Les projets peuvent s’étendre sur des durées de 12 à 36 mois notamment lorsqu’il s’agit de
solutions front-to-back. A l’inverse, des solutions plus ciblées ou en mode SaaS permettent
des déploiements plus rapides.
La qualité du support de l’éditeur
La qualité du support de l’éditeur constitue un facteur clé de succès sur le long terme, avec
une dépendance plus ou moins forte selon les solutions.
Elle inclut la réactivité des équipes de l’éditeur, la capacité à résoudre des incidents critiques
et la disponibilité d’une documentation complète.
Le niveau de support diffère selon les solutions avec généralement d’un support structuré et
avec une proximité plus ou moins importante selon l’éditeur.
Le choix d’un outil de gestion des actifs financiers ne se réduit pas à une
comparaison de fonctionnalités. Il engage l’organisation sur le plan
opérationnel, réglementaire et stratégique.
Les solutions analysées dans cet article répondent à des logiques distinctes et
s’adressent à des profils d’organisations différents.
Aucune ne constitue une réponse universelle. Le critère déterminant n’est pas
la richesse fonctionnelle intrinsèque d’une plateforme, mais sa capacité à
répondre aux besoins spécifiques de l’organisation, aujourd’hui et demain.
L’analyse comparative des principaux outils du marché :
Clearwater Analytics
Clearwater Analytics se positionne comme un
acteur « opérational model » et non uniquement
comme une solution, par sa solution SaaS +
service externalisé avec des coûts maitrisés et
une rapidité d’implémentation.
L’éditeur a récemment élargi son offre via des
acquisitions, lui permettant désormais de
proposer des modules couvrant l’ensemble de
la chaine de valeur des actifs.
Cependant, son architecture cloud mutualisé
peut soulever des enjeux en matière de
confidentialité et de gestion des données
sensibles.
GP4 / Neoxam
Neoxam se présente comme une plateforme
front-to-back modulaire couvrant l’ensemble du
cycle de vie des instruments financiers, avec
une large couverture des classes d’actifs, y
compris les actifs alternatifs.
Très présent en France et en Europe, l’éditeur
bénéficie d’une forte implantation régionale.
Toutefois, certaines interrogations peuvent
subsister quant à sa capacité à gérer de manière
homogène les exigences réglementaires locales
dans différents pays.
SAP / module gestion comptable d’actifs
SAP propose une solution robuste,
particulièrement adaptée aux grands groupes
disposant de portefeuilles volumineux et
complexes (produits dérivés, investissements
alternatifs, etc.).
La solution s’intègre efficacement avec d’autres
briques du système d’information, notamment
la comptabilité générale et les outils de
consolidation.
C’est une solution standard pouvant nécessiter
des adaptations lourdes créant ainsi une
dépendance importante à l’éditeur.
La solution :
• ne couvre pas les besoins de front-office,
ce qui nécessite des solutions
complémentaires
• sa mise en œuvre est généralement
longue, et coûteuse pour les
organisations.
Dimension / Simcorp Dimension
SimCorp Dimension offre une couverture très
large de la chaîne front-to-back, avec une forte
capacité à gérer des portefeuilles complexes et
une grande diversité d’instruments financiers.
La solution se distingue notamment par :
• sa puissance de calcul lors des clôtures,
• ses capacités avancées de projection
(pre-closing),
• sa gestion multi-actifs approfondie.
Toutefois, les fonctionnalités de reporting sont
souvent jugées insuffisantes en standard, ce qui
conduit fréquemment à développer des
modules spécifiques et à l’intégration d’outils
tiers complémentaires (ex. reporting)
CONCLUSION
La modernisation des outils de gestion d’actifs financiers est devenue un véritable
enjeu stratégique pour les entreprises. Face à des exigences réglementaires
croissantes, à la complexité des instruments, les entreprises doivent s’appuyer sur
des solutions couvrant toute la chaîne front-to-back. Réussir un tel projet implique
de choisir l’outil adapté et de mettre en place un accompagnement solide pour
sécuriser le changement, la migration des données et l’adoption des nouveaux
processus
Chez Twobii Consulting, nous avons structuré une filière dédiée aux actifs
financiers, réunissant des expertises métiers, outils et projet. Nous accompagnons
nos clients à chaque étape des projets : cadrage des besoins, sélection des
solutions, pilotage de la mise en œuvre, réalisation des recettes et migration des
données tout en sécurisant le dispositif et la conduite du changement.
Les experts twobii vous accompagnent également dans vos besoins de renforts
opérationnels au sein des départements back office titres, middle office et
comptabilité / reporting des actifs financiers en alliant expertise métier
(connaissance pointue des instruments financiers, maitrise des normes comptables
et reporting en multinormes) et outils (modélisation des opérations, transactions,
paramétrages des plans de compte et schémas comptables).
Un second article suivra prochainement pour aborder les enjeux et les défis
rencontrés dans les projets d’implementation des outils de gestion d’actifs.
Les enjeux et les défis des directions financières dans l’implémentation des outils de gestion d’actifs
Historiquement, les outils de gestion d’actifs des institutions financières ont été
conçus autour de trois fonctions principales :
– Le traitement des transactions
– La tenue comptable
– La production du reporting réglementaire
Ces outils permettaient avant tout de suivre les opérations réalisées sur les
marchés et de produire des états financiers conformes aux exigences
réglementaires.
Toutefois, l’évolution des modèles économiques et la complexification des
produits financiers conduisent aujourd’hui les directions financières à rechercher
des outils capables d’intégrer des dimensions analytiques plus avancées.
Les systèmes doivent désormais accompagner la gestion d’actifs plus
complexes, renforcer la fiabilité des données financières et optimiser les cycles
de clôture.
Dans ce contexte, le choix d’un outil de gestion financière devient un enjeu structurant pour les
institutions financières et doit être capable de couvrir les besoins suivants :
Une gestion d’actifs de plus en plus complexe
Les stratégies d’investissement des institutions financières évoluent rapidement. Dans un contexte
de baisse des rendements sur les classes d’actifs traditionnelles, les investisseurs (Banques et
Assurances) se tournent progressivement vers des actifs plus complexes, notamment le private
equity, la dette privée, les infrastructures ou certains produits structurés.
Cette diversification entraîne une complexification des modèles de gestion, de
valorisation et de suivi comptable des actifs. Les outils doivent être capables de gérer
des structures d’investissement caractérisées par des flux irréguliers, des structures
juridiques multiples et des mécanismes de valorisation spécifiques.
La modélisation des actifs devient ainsi un enjeu central pour les directions financières
et les équipes de gestion d’actifs.
L’adossement actif-passif et la gestion des flux
Pour les assureurs, la gestion des actifs doit être étroitement alignée avec les engagements financiers. L’adossement actif-passif, ou Asset Liability Management (ALM), vise à assurer la cohérence entre les flux générés par les actifs et les
engagements portés au passif.
Les outils doivent permettre de réaliser un matching des flux entre actifs et passifs afin
de sécuriser la capacité de l’organisation à honorer ses engagements dans le temps. Cet enjeu est particulièrement important dans le cadre des contrats en Unités de Compte
(UC), où les actifs détenus doivent correspondre précisément aux engagements vis-à-vis des assurés.
Les systèmes doivent donc permettre de suivre les actifs sous-jacents, d’analyser les écarts de duration et de garantir la cohérence entre les portefeuilles d’investissement et les engagements assurantiels.
Le suivi des opérations et la gestion du carnet d’ordre
Les outils doivent également assurer un suivi précis des opérations financières réalisées
sur les marchés. Cela passe notamment par la gestion du carnet d’ordre, qui centralise
l’ensemble des transactions réalisées sur les actifs financiers.
Le carnet d’ordre permet de suivre le cycle complet d’une opération, depuis
l’instruction de l’ordre jusqu’au règlement.
Les systèmes doivent ainsi tracer les différentes étapes de traitement : saisie de l’ordre,
validation, exécution sur le marché et intégration dans les positions de portefeuille.
Cette capacité de suivi est essentielle pour garantir la traçabilité des opérations et
renforcer les dispositifs de contrôle interne.
La gestion des opérations sur titres (OST)
Un autre enjeu majeur concerne la gestion des opérations sur titres (OST). Ces
événements interviennent tout au long du cycle de vie d’un instrument financier et
peuvent avoir un impact direct sur la structure ou la valorisation du portefeuille.
Les systèmes doivent être capables de gérer différents types d’événements tels que les
distributions de dividendes, les distributions exceptionnelles, les splits d’actions, les
opérations de fusion ou encore les restructurations d’entreprises.
La gestion des OST constitue souvent un point sensible car elle nécessite d’intégrer des
données externes, d’ajuster les positions de portefeuille et de recalculer les valorisations
associées.
Les enjeux de valorisation des actifs
La valorisation des actifs financiers constitue également un enjeu majeur pour les
institutions financières. Les outils doivent être capables de produire des valorisations
fiables en intégrant différentes méthodes selon la nature des actifs.
Pour les actifs côtés, la valorisation repose généralement sur une logique de Mark-toMarket (MTM), basée sur les prix de marché observés. Pour d’autres actifs moins
liquides, des approches de valorisation « modèle » peuvent être nécessaires.
Les systèmes doivent également prendre en compte les effets liés aux taux de change,
notamment pour les portefeuilles multi-devises
Les écarts entre valorisation comptable et valorisation de marché doivent être
correctement identifiés afin de produire une information financière cohérente avec les
exigences réglementaires.
De plus, les outils doivent également être capables de valoriser des participations non
cotées, souvent sur la base de valorisations fournies par le gestionnaire du fonds. Cette
complexité explique pourquoi la gestion des investissements alternatifs constitue un
défi majeur pour les systèmes de gestion d’actifs.
L’Intégration des données externes
Les systèmes de gestion d’actifs doivent également s’appuyer sur des sources de
données externes afin d’alimenter les processus de valorisation et de contrôle.
Les institutions financières utilisent notamment des fournisseurs de données de marché
tels que Bloomberg ou State Street.
Ces acteurs fournissent les prix de marché, les données de référence sur les instruments
financiers et les informations liées aux événements de marché.
Les outils doivent être capables d’intégrer ces données automatiquement afin de
garantir la fiabilité des valorisations et d’assurer la cohérence des informations utilisées
dans les processus de reporting.
La fiabilisation des processus et les exigences réglementaires
Au-delà de la gestion des actifs, les institutions financières doivent également renforcer
la fiabilité de leurs processus opérationnels. Les directions financières cherchent à
sécuriser l’ensemble de la chaîne de production de l’information financière afin de
limiter les risques opérationnels et d’améliorer la qualité des données.
La gestion des transferts de portefeuilles constitue par exemple un enjeu important.
Lorsqu’un portefeuille est migré d’un système à un autre, il est essentiel de conserver
l’intégralité du bagage historique associé aux actifs financiers. Les outils doivent
garantir la cohérence des positions, la traçabilité des transactions et la conservation de
l’historique des valorisations.
Les exercices de clôtures et de projections financières (closing et preclosing)
Les organisations cherchent à améliorer leur capacité d’anticipation grâce à des
mécanismes de pré-closing et de projection financière. La réduction des délais de
clôture représente une priorité pour les directions financières. Les exigences de
reporting se multiplient et les organisations doivent être en mesure de produire des états
financiers dans des délais de plus en plus courts, sans compromettre la fiabilité des
informations.
La qualité des données constitue également un enjeu déterminant dans le cadre des
interactions entre les fonctions financières et les équipes actuarielles. Les normes
comptables récentes, telles qu’IFRS 17, renforcent la nécessité d’une collaboration
étroite entre ces différentes fonctions.
Les outils doivent permettre de partager des données cohérentes entre les modèles
actuariels, les systèmes de gestion d’actifs, et les plateformes comptables afin de
garantir l’alignement des hypothèses, des valorisations, et des informations utilisées
dans les processus de reporting.
L’évolution des outils s’inscrit donc dans un contexte de renforcement des exigences
réglementaires. Les normes comptables telles qu’IFRS 9, ainsi que les cadres
prudentiels comme Solvency II, imposent une traçabilité fine des données financières.
CONCLUSION
La transformation des outils de gestion d’actifs financiers ne se limite plus à une
évolution technologique : elle constitue un véritable levier stratégique pour les
entreprises. Dans un environnement où les exigences réglementaires, la
complexité des actifs et la pression sur les délais de production ne cessent de
croître, les organisations doivent s’appuyer sur des solutions capables de couvrir
l’ensemble de la chaîne front-to-back.
Réussir un tel projet implique non seulement de sélectionner l’outil le plus adapté
aux besoins présents et futurs, mais aussi de structurer un accompagnement solide
— interne ou externe — afin de sécuriser la conduite du changement, la migration
des données et l’appropriation des nouveaux processus par les équipes.
Chez Twobii Consulting, nous avons structuré une filière dédiée aux actifs
financiers, réunissant des expertises métiers, fonctionnelles et projet. Nous
accompagnons nos clients à chaque étape des projets : cadrage des besoins,
sélection des solutions, pilotage de la mise en œuvre, réalisation des recettes et
migration des données tout en sécurisant le dispositif et la conduite du
changement.
Les experts twobii vous accompagnent également dans vos besoins de renforts
opérationnels au sein des départements back office titres, middle office et
comptabilité / reporting des actifs financiers en alliant expertise métier
(connaissance pointue des instruments financiers, maîtrise des normes comptables
et reporting en multinormes) et outils (modélisation des opérations, transactions,
paramétrages des plans de compte et schémas comptables).
